Construire
Nous sommes confrontés à une pénurie — organisée — de logements bien situés qui n’affole (quasiment) personne.
de densifier
Une pénurie organisée
Pour certains biens essentiels, comme l’énergie, les matières premières, les denrées alimentaires ou certains médicaments, on n’hésite pas à diagnostiquer la « pénurie » : c’est-à-dire un manque quantitatif d’offre au regard de la demande.
Pour l’immobilier, en revanche, on refuse de constater cette pénurie de logements bien situés, quand bien même des milliers de personnes dorment à l’hôtel, dans leur voiture, dans des campings, ou à 1h30 de leur lieu de travail.
Les pénuries ont deux conséquences qu’il est facile de reconnaître sur le marché immobilier résidentiel des grandes métropoles françaises :
- La hausse des prix, ou leur maintien à un niveaux élevés : ce n’est pas parce que les prix parisiens de l’immobilier ne montent plus que ce type de biens n’est pas en pénurie ; leur prix est tellement élevé qu’on peut raisonnablement conclure que les Français aspirent, ou ont besoin, de « beaucoup plus de Paris » en France.
- Le creusement des inégalités : cette hausse des prix impacte en premier les ménages modestes, qui doivent effectuer des choix substantiels de modification de leur mode de vie (s’éloigner de Paris qui est devenue trop chère) quand les autres, plus aisés, pourront procéder à de simples ajustements.
La France est en pénurie d’une offre immobilière dense, praticable en modes doux, permettant de diviser par 2, 3, 4, 5 voire 10 le coût, mais aussi le bilan CO2 lié aux mobilités quotidiennes de ses habitants.
Cette offre immobilière résidentielle « dense et praticable en modes doux » a augmenté ces dernières années — c’est vrai — mais la demande a augmenté beaucoup plus rapidement ! L’offre existe donc aujourd’hui en quantités drastiquement insuffisantes.
Pourquoi cette pénurie ne nous affole-t-elle pas plus ?
Cette situation n’affole pas une grande partie des experts pour 3 raisons :
- Certains refusent d’ouvrir leurs yeux sur les urgences à court terme concernant ce besoin essentiel au motif de concentrer leurs efforts intellectuels sur un autre aménagement du territoire futur ;
- D’autres refusent de considérer les prix comme un indice sérieux du déséquilibre offre / demande ;
- Une troisième catégorie, enfin, avec de louables mais contre-productives bonnes intentions, appliquent le mantra de la « sobriété » à tous les sujets et à tout le monde indistinctement.
Ceci n’affole pas non plus la classe politique locale, en partie parce que cette pénurie ne touche pas les habitants qui ont la possibilité de voter : c’est-à-dire ceux qui sont « déjà là », qui sont déjà résidents dans les lieux « bien situés » et qui peuvent élire, localement, des édiles qui décident de poursuivre ou non la construction de logements neufs.
Paris est 2 fois plus chère que Bordeaux qui est 2 fois plus chère que Clermont-Ferrand qui est 2 fois plus chère que Guéret (Creuse).
La France n’est-elle pas en pénurie d’une offre immobilière résidentielle dense, belle, praticable en modes doux, permettant de diviser par deux le coût, les distances et le bilan CO2 lié aux mobilités quotidiennes d’ici 2030 ?
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